| Les
funérailles de Essam Joudah: Israël déclare la guerre!
Essam
Joudah, un fermier palestinien, a été aperçu pour
la dernière fois le 9 octobre, en train de récolter des olives
sur ses terres. On a observé une jeep de l'armée israélienne
et un fourgon de colons le suivre. Le lendemain, 10 octobre, son corps
était retrouvé, non loin de sa maison, mutilé, montrant
de nombreux signes de torture, notamment des brûlures au visage et
aux yeux. Des marques de pneu sur son visage montraient clairement qu'un
véhicule lui avait roulé dessus.*
Il
a été lynché de sang froid.
*Voici
un lien vers un site montrant des photos du cadavre de Essam. Nous ne saurions
trop vous recommander d'empêcher les enfants de voir ces images,
qui sont réellement éprouvantes. le
lien
La
famille de Joudah fut durement éprouvée. Les funérailles
eurent lieu le 12 octobre.
L'émotion
était intense au cours des funérailles. Pas seulement à
cause du meurtre horrible de Essam, mais aussi parce que les douze derniers
jours avaient vu 88 Palestiniens tomber sous les tirs israéliens,
dont beaucoup étaient des enfants. Parmi la foule en deuil qui suivait
le convoi, quelques adolescents remarquèrent que certains portaient
des bottes de l'armée israélienne. Ils réalisèrent
alors que deux-ci étaient des agents «arabisants».
Ceux
que l'on nomme ainsi (en arabe: al-Mosta'ariboun) constituent une unité
spéciale de l'armée israélienne. Leur tâche
consiste à se mêler à la foule palestinienne et à
participer aux jets de pierres. Puis ils capturent un des lanceurs de pierres
et l'embarquent pour lui faire subir un «interrogatoire», en
fait pour battre et «punir» le manifestant. Les agents «arabisants»,
que l'on désigne aussi par «commandos de la mort», sont
connus pour leur cruauté. Souvent, ils sèment la panique
parmi les manifestants et en tuent quelques-uns avant de rejoindre les
soldats israéliens. Il n'est dès lors pas étonnant
que la population palestinienne méprise les membres de cette unité.
Bien
sûr, sitôt démasqués, la foule s'en prit à
eux. Des policiers palestiniens les emmenèrent pour les mettre «en
sûreté» au poste de police de Ramallah.
Les
médias israéliens mentent carrément lorsqu'ils rappportent
ces événements. Les médias occidentaux, quant à
eux, n'ont pas cherché à connaître la vérité.
Lorsque l'incident a été relaté pour la première
fois, sur le site internet de CNN, il mentionnait la capture à Ramallah
de quatre
soldats israéliens.* CNN
fit ensuite mention de la mort de tous
les réservistes. Israël ne démentit pas en indiquant
que seulement deux "réservistes" avaient été tués;
on n'est pas arrivé à établir pourquoi il avait en
avait mentionné quatre au début. Il semble que l'un des quatre
a réussi à s'échapper. Les trois autres ont été
pris à Ramallah. Israël prétend que ces soldats s'étaient
égarés. Il est peu probable que des soldats aient pu franchir
quatre check-points sans que quelqu'un s'informe de leur destination. Par
ailleurs, les photos montrent clairement que ces soldats israéliens
portaient des vêtements civils.
*
IntifadaOnline.com
avait fait un lien vers le site de CNN sur un article rapportant la disparition
de quatre soldats. Depuis lors, cet article a «mystérieusement»
disparu du site. Nous aimerions savoir si d'autres sites ont mentionné
également la disparition de quatre soldats.
A
Intifada.com
nous publions la photographie de l'un des soldats israéliens emmené
par un policier palestinien. L'homme porte le «keffieh» traditionnel
des Palestiniens, avec lequel il tente de dissimuler son visage. Cet homme
est l'un des quatre mentionnés disparus à Ramallah.
La
foule commença à s'amasser aux abords du poste de police
de Ramallah. La nouvelle de la capture se répandit en ville comme
une traînée de poudre. La prise des soldats fut diffusée
en
direct par la télévision
israélienne. Dans la foule rassemblée, certains s'en prirent
aux policiers palestiniens qui gardaient l'entrée du poste. A leur
tête, le frère du jeune Palestinien dont on célébrait
les funérailles au cours desquelles les soldats furent capturés.
Il restait peu de policiers en service à l'intérieur du poste,
la plupart s'étant répartis dans la ville pour contrôler
les manifestations. La foule réussi à investir le poste de
police, n'hésitant pas à blesser les policiers palestiniens.
Arrivés jusqu'aux agents israéliens, ils battirent à
mort deux d'entre eux, allant jusqu'à lancer le corps de l'un des
deux par une fenêtre. Ce fut un horrible déchaînement
de haine à l'égard de l'occupation israélienne.
Le
troisième agent israélien a pu être évacué
du poste de police grâce à l'intervention de la police palestinienne.
Pendant ce temps, la foule continuait de se déchaîner sur
les deux cadavres. Finalement, la police pu reprendre la situation en main
et remettre les deux corps et le soldat survivant à l'armée
israélienne. L'Autorité Palestinienne condamna le meurtre
des deux soldats, et ordonna l'arrestation des auteurs de ces crimes.
Officiellement,
Palestiniens et Israéliens sont en situation de «paix».
Les agents «arabisants» s'étaient infiltrés parmi
la population palestinienne dans le but de capturer des Palestiniens. Ils
avaient pris part clandestinement aux funérailles d'un Palestinien
lynché par l'armée israélienne. La police a tenté
de les protéger, mais n'a pu sauver que l'un d'entre eux. Le Président
Arafat a condamné ce crime et ordonné l'arrestation des responsables.
Ce faisant, il prenait le risque de déplaire à une partie
de l'opinion publique palestinienne. Néanmoins, il a su prendre
ses responsabilités, et tenter tout ce qui était possible
pour ramener le calme.
Mais
Israël n'a rien voulu savoir.
Immédiatement,
Israël a ordonné le blocus de l'aéroport civil de Gaza.
Toutes les routes furent interdites aux véhicules palestiniens.
Ensuite, des hélicoptères armés commencèrent
à survoler Ramallah. Pendant ce temps, des cuirassés prirent
position le long des côtes de Gaza. Des missiles furent lancés
sur le poste de police, sur les résidences de Yasser Arafat à
Ramallah et à Gaza, et sur d'autres cibles. Israël déclara
que la mort de ses deux soldats ne resterait pas «impunie».
Les
réactions d'Israël ne furent pas dignes d'une nation civilisée,
et ne réussirent qu'à faire monter encore la tension. La
direction palestinienne a considéré cette attaque comme une
déclaration de guerre. Aucun pays se comportant comme Israël
le fit dans cette affaire ne pourrait bénéficier de la moindre
excuse.
Video montrant l'attaque
le résidence de M. Arafat: QuickTime
Movie,
Real
&Windows media, de CNN.
Cliquez
ici pour lire l'histoire de L'assassinat d'un
soldat israélien d'origine palestinienne. |